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Une recherche partenariale permettant de mieux comprendre les innovations en milieu de travail et leurs conditions associées, soit la formation et les protections sociales, en vue de contribuer à une amélioration des performances économiques et sociales.

Axes 1, 2, 3 et 4

Lors de notre première ARUC (2005-2009), notre programme de recherche se déployait autour de quatre axes de recherche : 1) innovations et conditions de réalisations du travail, 2) innovations dans l’organisation et les relations de travail, 3) gestion des savoirs et de la formation et 4) protections sociales. Ces axes réunissaient plusieurs chantiers. Par la suite, nous avons opté pour une gestion plus souple et à géométrie variable donnant lieu à cinq objets de recherche réunissant les intervenants du milieu et les chercheurs impliqués.

Axe 1

L’axe 1 s’intéresse aux innovations qui sont mises en œuvre dans les milieux de travail, tant du secteur manufacturier que du secteur des services, et se concentre sur les conditions de réalisation du travail. Les nombreux changements qui affectent d’une part l’organisation de la production et du travail et, d’autre part, la relation d’emploi influencent les conditions de réalisation du travail. Les travaux de l’axe 1 s’intéressent ainsi aux situations de travail en accordant une place importante aux processus qui leur donnent naissance ou qui les transforment.

En effet, dans le contexte d’une forte intensification du travail et de risques élevés au regard de la santé des travailleurs, les activités de recherche de l’axe 1 ont été concentrées sur la mesure des problèmes de santé au travail et sur les innovations relatives aux stratégies de prévention. Certains groupes professionnels ont été ciblés pour une étude approfondie des problèmes de santé, soit les infirmières, les éducatrices spécialisées en milieu scolaire et les métiers dans les arts de la scène. Quant à l’étude des stratégies d’intervention, elle porte sur plusieurs aspects : l’architecture et la conception des systèmes de production, le rôle des politiques publiques, la rédaction et la transmission des instructions de travail de même que le soutien social comme facteur d’atténuation de l’impact de l’intensification du travail sur la santé. 

Axe 2

Pour relever les multiples défis auxquels ils sont confrontés, les acteurs en milieu de travail sont fortement incités, voire contraints, d’introduire des innovations à l’organisation du travail en vue d’assurer une production efficiente de biens et de services de qualité, en parfaite adéquation avec les exigences toujours plus diversifiées et complexes de leurs usagers et de leurs consommateurs. Le succès et la pérennité d’innovations répandues, telles que la flexibilité organisationnelle, l’allègement de la ligne hiérarchique, la participation et le processus d’amélioration de la qualité, exigent de nouvelles pratiques de gestion des ressources humaines et requièrent aussi des relations de travail caractérisées par une coopération accrue et davantage de paritarisme, amenant en retour les syndicats locaux à revoir leur rôle et à envisager une participation à la gestion.

L’objet de recherche de l’axe 2 concerne les innovations dans l’organisation et les relations de travail incluant les pratiques de gestion des ressources humaines, dont celles qui sont centrées sur la mobilisation ainsi que sur l’attraction et la rétention des travailleurs. Les chercheurs de l’axe 2 se penchent sur les processus d’innovations sociales en milieu de travail, leur impact sur les performances économiques et sociales et les facteurs associés à leur pérennité. Les recherches sont regroupées en chantiers sectoriels : les secteurs public et parapublic et le secteur privé. Finalement, elles se déroulent dans un chantier transversal traitant de l’attraction et de la rétention de la main-d’œuvre, un problème éminemment important dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre. 

Axe 3

Le troisième axe de recherche porte sur la gestion des savoirs et de la formation. La gestion des savoirs revêt une importance cruciale étant donné l’écart entre les exigences de formation et de qualification requises par une économie du savoir et les opportunités offertes par les entreprises qui négligent les investissements dans la formation. Cet écart est croissant dans la mesure où l’emploi est en progression plus rapide dans les PME, qui investissent encore moins en formation que les grandes entreprises. Ce déficit de formation touche principalement les travailleurs faiblement et moyennement qualifiés. La gestion des savoirs se complique encore dans le contexte actuel caractérisé par un renouvellement des générations au travail, puisqu’il faut assurer le transfert des savoirs des travailleurs plus expérimentés vers les nouveaux venus.

Cet axe de recherche a pour objectif d’analyser les innovations en ce qui a trait à la gestion des savoirs et de la formation dans le cadre d’une économie du « savoir », c’est-à-dire une économie dans laquelle la part des emplois intensifs en connaissances s’est considérablement accrue et où la capacité à produire et à utiliser la connaissance est vue comme déterminante. Dans ce cadre, les chercheurs de l’axe se questionnent sur les types d’innovations dans le domaine de la gestion des savoirs et de la formation les plus susceptibles de résoudre adéquatement les problèmes de qualification et de formation vécus actuellement par les salariés et les entreprises québécoises.

Divers éléments contextuels ont orienté les préoccupations des chercheurs. Il y a d’abord le contexte actuel du vieillissement de la main-d’œuvre pour lequel il faut assurer le transfert des savoirs des travailleurs plus expérimentés vers les nouveaux venus. Il y a ensuite le contexte des pénuries de main-d’œuvre qualifiée faisant appel à des stratégies d’immigration pour combler les déficits en main-d’œuvre des entreprises. Enfin, l’adoption et la révision en 2006 de la Loi favorisant le développement de la formation de la main-d’œuvre incite à l’analyse des nouveaux dispositifs institutionnels de formation de main-d’œuvre et des nouveaux lieux d’action (sectoriels et régionaux, notamment).

Dans la perspective institutionnaliste, adoptée par l’ARUC et qui reconnaît l’importance du rôle des institutions dans l’encadrement du marché, les chercheurs de l’axe 3 ont défini de façon générale le champ de « la gestion des savoirs et de la formation » comme l’ensemble des mécanismes de régulation mis en place par les acteurs sociaux (entreprises, syndicats, organismes intermédiaires, État) en vue de la production, de l’utilisation, de la rétention et de la reconnaissance des savoirs. Ces innovations concernent aussi bien la production et l’acquisition des savoirs (en entreprise ou à l’école) que leur utilisation (particulièrement par l’entreprise) et leur reconnaissance (tant par l’État que par l’entreprise ou les corps intermédiaires) et mettent l’accent sur le jeu des acteurs sociaux dans la recherche d’arrangements institutionnels. 

Axe 4

Dans le contexte actuel de la globalisation, des nouvelles technologies et de l’économie du savoir, les sociétés québécoise et canadienne sont contraintes à l’innovation dans le domaine de la protection sociale. En effet, cette nouvelle économie nécessite une main-d’œuvre qualifiée et flexible requérant de nouvelles formes de sécurité d’emploi et du revenu.

Toutefois, il se produit actuellement un effritement général des protections sociales. Ces dernières sont mises à mal par les stratégies de « flexibilité » de la main-d’œuvre dans les entreprises et les administrations publiques. On assiste ainsi à un phénomène d’insécurisation généralisée de l’emploi et du revenu et, en particulier, d’un développement accéléré de l’emploi atypique, ce dernier ne bénéficiant d’aucune forme, ou presque, de protection sociale. Les travailleurs atypiques ont besoin de protections sociales que la logique néolibérale du système économique et politique actuel ne peut leur offrir. Pour rétablir une cohérence économique et sociale allant dans le sens de l’amélioration du bien-être collectif, des innovations sociales sont nécessaires afin de construire un triangle « innovations dans la production – formation – protections sociales » davantage harmonieux. Ce dernier, pour devenir pleinement un cercle vertueux devrait bénéficier de complémentarités institutionnelles, c’est-à-dire que l’efficience des institutions dans une sphère renforcerait celle des institutions dans les autres sphères. 

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